Le Japon. Genèse d’une rencontre

« Japon : arts et traditions et leur influence sur la vie quotidienne des japonais au XXème siècle »

Voilà par quoi tout a commencé ! C’était au siècle dernier, j’étais alors étudiante à Sciences Po et tel était le sujet que j’avais choisi pour mon mémoire de fin d’études. Comme tous les étudiants de maîtrise, j’en ai passé des heures à rechercher de quoi alimenter mon travail. Il a d’ailleurs bien fallu que je me mette à l’apprentissage de la langue de façon intensive. A l’époque pas d’internet, les bibliothèques universitaires et les musées étaient les endroits où je passais le plus clair de mon temps. Je me souviens d’un livre emprunté, un traité japonais sur le kabuki, qui était en archive de la BU depuis les années 30 et qui n’avait jamais été emprunté, ni lu puisque j’en découpais les pages au fur et à mesure de ma lecture… quelle émotion ! Et puis j’ai soutenu mon mémoire et la vie a suivi son cours.

Quelques années après, je vis à La Rochelle. Par le plus grand des hasards je rencontre quelqu’un qui me parle d’une association franco-japonaise… il ne me faudra pas beaucoup de temps pour entrer en contact et, de fil en aiguille, j’en deviens secrétaire. Taeko, adhérente et amie entreprend de me donner des cours chaque semaine.

Et à nouveau le Japon croise mon chemin là où je ne l’attendais pas. Quelques mois après, je tombe en effet sur une annonce d’emploi très particulière… une maison d’édition installée à La Rochelle, fraîchement créée, souhaite lancer un magazine mensuel dédié à la culture japonaise et recherche un rédacteur en chef. Quelques jours après j’avais le poste ! Une aventure incroyable qui va durer 10 mois. 10 numéros de 96 pages… ça en fait des japonaiseries !

Et encore une fois la vie suis son cours… Bien évidemment je dévore Mishima et Kawabata, je me délecte des œuvres de Kurosawa, Ozu ou Mizoguchi. Madame Chrysanthème, œuvre de Pierre Loti, auteur cher à mon cœur, devient un livre que lis et relis régulièrement.

Et puis les rencontres encore, toujours inattendues. Au matin de ma 32ème année, alors que j’entreprends une reprise d’études en histoire de l’art. Un enseignant d’histoire me propose de travailler, dans le cadre d’un master recherche, et plus si affinités doctorales, sur la correspondance de Claudel lorsqu’il était ambassadeur représentant la France au Japon… Rendez-vous loupé, encore une fois, car faire le choix de consacrer 2 ou 3 années à des recherches en sciences humaines lorsque l’on est maman de 4 enfants et que l’on a un mari étudiant lui aussi n’est pas chose aisée à assumer…

Il était donc pour moi évident (voire impérieux) que l’approche que nous allions faire du continent asiatique lors de ce voyage familial passe par le Japon. C’était le moment où jamais, celui d’enfin se permettre de franchir la frontière et aller au-delà des représentations, des connaissances, des fantasmes…

C’est ainsi qu’au soir du 9 octobre 2018, après un vol de 7 heures assorti d’un atterrissage à rallonge, j’ai enfin posé mes pas sur cette terre qui m’appelle depuis tant d’années. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que je suis arrivée chez moi !